Sites et circuits de l’Imerina

Site, monuments, patrimoine
Tombeaux et pierres levées : fasana et vatolahy
Les tombeaux sont construits en pierre ou en terre battue, et leur ouverture se trouve toujours à l’ouest. Cependant, leur mode de construction varie d’une époque à l’autre : simples amas de pierres et roches aménagés, des premiers temps Vazimba : tombeaux à gradins avec dalles verticales, hauts de quelques mètres de hauteur du XVIIe XVIIIe siècle : tombeaux dits « labordiens » du XIXe siècle avec structure de pierre taillées et colonnes. Ces derniers vont donner le modèle pour les tombeaux modernes souvent surmontés d’une croix. A l’est des tombeaux anciens se dresse une pierre où les vivants viennent parler aux morts. Les tombes de la noblesse sont surmontés d’une Trano manara(maison froide) : il s’agit le plus souvent d’une petite case de bois qui renferme parfois des objets ayant appartenu en défunt. Parois, des fasana fito miadalana (tombeaux alignés par sept) marquent la prépondérance d’un groupe ou d’une lignées et souligne l’importance du village.
La vatolahy ou « pierres mâles » servent à commémorer un événement important, tel le passage ou le discours d’Andrianampoinimerna dans le village. Ces pierres sont parfois appelées tsangambato (pierre levée) en souvenir de ceux qui n’ont pu être enterrés au tombeau familial, et orimbato (pierre fondatrice), afin de marquer la création d’un village ou d’un fief. Selon leur histoire, certains deviennent des lieux de culte alors que d’autres, anonymes, se dressent pour délimiter un territoire.
Murailles de terre ou tamboho
Les tamboho sont apparus vers la fin du XVIIe siècle, pour se développer entre Ambohimanga et Ilafy, au nord d’Antananarivo. Construit s avec de la terre de latérite piétinée par les zébus et les hommes, ils reflètent la montée en puissance des notables de ces territoires. L’on raconte que la terre était mélangée à des œufs qui servaient de ciment. La hauteur de ces tamboho témoigne du rang et de la richesse de leur propriétaire. Quel délice lorsque les ombres des manguiers glissent sur leur peau centenaire vêtue de mousse et de lichen. Les vertes nuances répondent à l’ocre sur fond d’azur profond ou de plomb. Leur majesté qui défie le temps en fait une richesse patrimoniale dont les malgaches feraient bien de prendre soin et de s’inspirer…
Fossés, portails de village et places publiques : hadivory, vavahady, kianja
Les portails et fossés de formes diverses, souvent écroulés ou bien comblés, représentent pourtant les traces visibles de l’ingéniosité et de la pugnacité des anciens. Ils protègent les villages dont le centre est occupé par le kianja où se déroulaient les affaires publiques. Les murets de délimitation de ces places (valankianja), structurés de pierres plates et moellons rehaussés de dalles verticales, sont remarquables lorsqu’ils n’ont pas été détruits. Ils voisinent souvent avec des tombes à trano manara
La maison Gasy
Les maisons malgaches méritent une attention particulière. Petites merveilles d’architecture construites en bois ou en brique, elle sont un héritage des ancêtres, et de leur rencontre avec des artisans britanniques et français du XIXe siècle. Orientées nord-sud avec ouvertures à l’ouest, leur toit est couvert de chaume, de tuiles ou de tôles galvanisées. Leur forme est à la fois unique et multiple : de nombreux détails les différencient. Demandez à les visiter, vous apprécierez la chaleur de l’accueil et du foyer(fatana) où toujours une marmite de riz dégage un fumet prometteur. Mais ne soyez pas étonnés si parfois vous pensez être revenus à l’époque victorienne avec les verreries, les meubles ou les miroirs de cette époque, le vieux piano en sus !
D’un cloche à l’autre
Les églises et temples, ou trano fiangonana (la maison ou l’on s’assemble) sont aussi important dans le patrimoine Merina. Témoins de la foi et du dynamisme des chrétiens, ces édifices montrent le savoir-faire et la créativité des artisans. Ne vous contentez pas d’admirer l’élégance du clocher, faites-vous plaisir à les visiter, certaines recèlent de trésors de boiserie finement travaillée pour l’autel, les galeries, les portes et fenêtres. Si vous avez la chance d’y passer un matin de dimanche, régalez-vous de chœur et de cantiques, ils sont tout simplement sublimes. Silence, écoute…

Voyages et Circuits : tourisme sac à dos

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